État des lieux 2024-2025 du marché audiovisuel et cinématographique français pour bien comprendre les tendances du moment, quelques chiffres et informations clés :
- Le marché audiovisuel français affiche un chiffre d’affaires de 18,9 milliards d’euros en 2024, en croissance de 7,7 % par rapport à 2023, porté par l’essor du streaming et de la publicité digitale, qui représente désormais 67 % des investissements publicitaires totaux
- Les exportations de programmes audiovisuels français dépassent 200 M€ pour la quatrième fois en 30 ans, malgré un contexte international difficile. La Belgique et l’Allemagne sont les principaux acheteurs, tandis que les États-Unis reculent.
- La vidéo à la demande (VàD) domine le marché avec 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit plus de 85 % du marché vidéo, en croissance de plus de 10 % en 2025. La vidéo physique continue son déclin, tandis que les plateformes françaises (TF1+, M6+) gagnent en popularité
- L’équipement des foyers français évolue : 93 % des Français possèdent un téléviseur, avec une forte adoption des Smart TV (38 % des utilisateurs). La télévision reste le premier poste de dépenses des ménages pour du contenu audiovisuel (32,5 % en 2024), mais la vidéo à la demande (VàD) progresse rapidement (22,2 % des dépenses). Les plateformes de streaming sont désormais des contributeurs majeurs du système, avec des accords historiques signés en 2025 pour financer la création française.
Cinéma : fréquentation en baisse, part de marché française solide
- La fréquentation des salles de cinéma est en recul de 14 % en 2025 par rapport à 2024, avec environ 155 à 158 millions d’entrées, contre 182 millions en 2024. Ce déclin s’explique par un manque de blockbusters fédérateurs et une évolution des habitudes du public
- Malgré cette baisse, les films français conservent une part de marché de 39,6 % sur les onze premiers mois de 2025, devant les films américains (30,7 %).
- La chronologie des médias évolue : Disney+ peut désormais diffuser ses films 9 mois après leur sortie en salles (contre 17 mois auparavant), en échange d’investissements renforcés dans la création française (25 % de son chiffre d’affaires net).
Enjeux et réformes
- Le budget de l’audiovisuel public est stable à 4,029 milliards d’euros, mais quid pour 2026 ? Tout est actuellement bloqué, au vu de la suspensions de la réforme de la gouvernance de Radio France et France Télévisions (création d’une holding “France Médias”) par le gouvernement Lecornu
- Le CNC et l’Arcom jouent un rôle clé dans la régulation et le soutien à la création, avec des enjeux autour de la liberté de création, de l’export et de l’adaptation aux nouvelles technologies
Perspectives et défis
- Le secteur doit faire face à la concurrence des plateformes internationales, à la baisse des financements publics et à la nécessité d’innover pour attirer le public en salles.
- Les adaptations littéraires restent un levier important : une fiction française sur six est issue d’un livre, avec un impact positif sur les ventes des œuvres originales
En résumé, le marché audiovisuel est resté dynamique en 2025 grâce au numérique, tandis que le cinéma traverse une période de transition, entre baisse de fréquentation et résistance des productions locales. Les réformes en cours et les investissements dans la création seront déterminants pour l’avenir du secteur.
Et pour des informations plus précises concernant le cinéma très spécifiquement, nous vous invitons à lire l’article de Numedia “Netflix, Amazon, Disney tuent-ils le cinéma français comme prévu ? Bilan en 2025”.

